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L’histoire des hommes et des plantes est intimement liée. Notre espèce omnivore, ingénieuse et observatrice, a su utiliser les plantes pour se nourrir mais aussi pour se soigner. Par l’observation, tâtonnements (non sans risques et accidents), transmission orale puis écrite, une connaissance empirique sur les plantes médicinales s’est constituée et transmise.

Au XXIème siècle, la phytothérapie connaît un engouement dont nous analyserons plus loin les raisons.

Quand on s’intéresse au domaine des plantes médicinales, on peut trouver à boire et à manger. Par exemple, sur un site internet, j’ai eu l’occasion de lire ce passage : « Se soigner avec les plantes médicinales, c’est un mode de vie. C’est apprendre à connaître ses alliées quotidiennes et ses propres limites dans la gestion de sa santé. »

Le terme « mode de vie » est lâchée. On entre ici dans le domaine de la philosophie, l'état d'esprit. Les dérives existent. Nous verrons comment certaines personnes ( naturopathes, auto proclamés experts en nutrition, pseudo herboristes et le dernier terme à la mode, herbalistes) s'engouffrent dans le domaine pour avoir une part d’un gâteau juteux, en surfant d’une part sur une mode, d’autre part en se posant comme les victimes d’un système étatique, du monopole pharmaceutique etc.

Cette victimisation et théorie du complet, moisissures argumentatives classiques, ne sont absolument pas appropriées pour la phytothérapie et nous verrons pourquoi.

L’objectif de cet article est également de laisser de côté les stériles et infondés débats d’opposition entre plantes médicinales « naturelles » et pharmacologie. Ces thèses conspirationnistes n’ont leur place que dans un épisode de X Files.

Pour finir, on discutera de l’aspect principe actif des plantes médicinales pour comprendre pourquoi il reste aléatoire de se soigner avec des plantes cueillies.

Dans le domaine de la phytothérapie où on entend tout et n’importe quoi, une mise au point s’impose pour comprendre que la phytothérapie est une science qui réunit connaissances ancestrales et recherche médicale. Une science tournée vers l’avenir, au contraire des pseudo thérapeutes qui à renfort de « simples » veulent de nouveau nous ramener au Moyen-Age.

Un exemple, l'aspirine

L’usage des plantes médicinales s’inscrit dans des temps immémoriaux et il n’est pas question de remettre en cause leur efficacité . La recherche pharmacologique les étudie, isole leur principe actif et sécurise leur usage pour optimiser leur efficacité.

L’exemple type est le précurseur de l’aspirine qu’on trouve dans la nature dans certaines plantes ( Salix alba, Filipendula ulmaria) et que la recherche chimique a amélioré pour formuler le médicament connu sous le nom d’aspirine. C’est un pharmacien français, en 1829, Pierre-Joseph Leroux, qui met en évidence des cristaux solubles en faisant bouillir de la poudre d’écorce de saule blanc dans de l’eau. Le nom latin de l’arbre, Salix Alba, lui font nommer ses cristaux salicyline. Pendant les années qui suivent, diverses substances proches de l’acide salicylique seront utilisées avec des résultats aléatoires et de nombreux effets indésirables constatés. C’est un chimiste strasbourgeois, Charles Frédéric Gerhardt qui découvre en 1853 un procédé de transformation du salicylate de sodium en acide acétylsalicylique qui est l’aspirine.

En 400 avant J.C, en préparant ses décoctions d’écorce de saule, Hippocrate n’avait sûrement pas songé à une telle histoire.

N’en déplaise aux ayatollahs du tout naturel, l’aspirine, ou acide acétyl salycilique, n’a pas pour l’heure été trouvé dans le règne végétal. Il s’agit bien du précurseur qui a été trouvé, ce qui rend le qualificatif d’aspirine naturelle impropre pour les plantes.

Cet exemple, et il est loin d’être unique, illustre plusieurs points. D’abord une coopération efficace entre un savoir empirique et la recherche scientifique. Contrairement à ce que prétendent les conspirationnistes, la recherche pharmacologique n’a pas pour objectif de faire taire ou d’éliminer des connaissances ancestrales mais au contraire, les conforter.

Enfin, l’amélioration du principe actif non seulement potentialise l’effet de la molécule mais aussi dans ce cas protège la ressource naturelle. J’émets l’hypothèse raisonnable que s’il fallait faire l’extraction des principes actifs dans les plantes mêmes, on ne trouverait plus beaucoup de saule ou de reine des prés. Les conspirationnistes si soucieux de la nature ne devraient pas négliger ce point.

Filipendula ulmaria (Reine des prés)

Filipendula ulmaria (Reine des prés)

Des définitions

On parle de plantes médicinales mais quelle en est la définition ?

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne donne pas de définition précise de "plante médicinale" mais plutôt de médicament à base de plantes, tout en classant l'utilisation de plantes médicinales et médicaments à base de plantes parmi les médecines et formes de médication traditionnelles.

La pharmacopée française définit les plantes médicinales comme " des drogues végétales qui peuvent être utilisées entières ou sous forme d'une partie de plante et qui possèdent des propriétés médicamenteuses ".

Une définition officielle est toutefois donnée par la jurisprudence : une plante est médicinale lorsqu’elle est inscrite à la pharmacopée ET que son usage est exclusivement médical. L’usage médical concerne les propriétés préventives ou curatives à l’égard des maladies. La plante médicinale réunit donc deux critères cumulatifs.

Donc on ne se nourrit pas de plantes médicinales comme on peut souvent l’entendre dans certains reportages. Il y a une séparation entre se nourrir et se soigner. Le lecteur curieux pourra lire mon article sur ce blog à ce sujet.

Et surtout un autre point à retenir : la liste des plantes médicinales est déterminée. Toutes les plantes par conséquent ne sont pas médicinales comme on peut parfois le lire sur des sites internet fantaisistes.

Ces considérations n’empêche pas que certaines parties de plantes médicinales ont également un usage culinaire, condimentaire ou aromatique. Elles sont indiquées en grisé dans la liste A de la pharmacopée française. Nous reviendrons plus loin sur ces listes de la pharmacopée française.

Les plantes médicinales sont définies dans des listes (Lythrum salicaria, salicaire, en photo)

Les plantes médicinales sont définies dans des listes (Lythrum salicaria, salicaire, en photo)

La notion de totum

La notion de totum est un concept spécifique à la phytothérapie

En pharmacologie, l’activité d’une plante est souvent rattachée à un principe actif contenue dans la plante. Le totum désigne l’ensemble des molécules contenues dans une plante, supposées agir en synergie et influencer sur l’activité du principe actif. C’est effectivement le cas pour le millepertuis perforé (Hypericum perforatum) dont l’ensemble des principes actifs confère une propriété thérapeutique. Mais ce n’est pas à généraliser. Dans certains cas, les constituants du mélange sont au contraire toxiques (exemple des racines de la valériane , Valeriana officinalis où le principe actif majeur est l’acide valérique mais les racines contiennent aussi des valépotriates, cytotoxiques et mutagènes)

Les informations contenues dans un extrait total de plante (un totum) sont certes plus importantes et signifiantes que celles d'une molécule isolée mais comme la synergie peut faire acquérir des effets supplémentaires, rien n'empêche aussi l'acquisition d'effets imprévisibles non souhaités.

Dans tout les cas, des études toxicologiques sont à mener pour ces compositions totales.

La notion de totum fait les choux gras des adeptes de holistiques ou de spiritualité de la nature, ce qui nuit malheureusement à sa crédibilité scientifique.

Hypericum perforatum (millepertuis perforé)

Hypericum perforatum (millepertuis perforé)

Valeriana officinalis (valériane officinale)

Valeriana officinalis (valériane officinale)

Des chiffres

  • entre 40 et 70 % en part des médicaments proviennent de substances naturelles (Journal du CNRS n°240-241, janvier-février 2010)
  • 45 % des français disent avoir recours à la phytothérapie (Observatoire sociétal du médicament 2011 –TNS-Sofres pour Les entreprises du médicament, LEEM, 24 mai 2011)
  • 546 plantes médicinales sont inscrites à la pharmacopée française, 11ème édition

Pourquoi cet engouement ?

L’engouement pour la phytothérapie peut s’expliquer pour plusieurs raisons :

  • démarche écologique, inquiétude environnementale, retour à la nature ;
  • scandales sanitaires ;
  • industrialisation de la santé anxiogène ;
  • retrouver de l’autonomie ;
  • pensée magique : pour leurs utilisateurs, les plantes apportent un supplément car elles sont "naturelles" ;
  • résurgence de l’époque new age avec une dose de spiritualité, de mysticisme.

Dans beaucoup de cas, on a une vision idéalisée où on ne voit que les bienfaits sans entrevoir les risques concomitants.

Le mythe du naturel

La popularité actuelle de la médecine dite "alternative" (il faudrait d'abord pouvoir définir ce que cela signifie !) en général, et les remèdes à base de plantes en particulier, repose sur plusieurs mythes communément acceptés dont le principal, le chef de file, est l'idée selon laquelle tout ce qui est "naturel" est bon. Ces mythes, pourtant, ne tiennent pas face à un examen critique minutieux. Ils fleurissent parce qu'ils touchent à une corde sensible de la psychologie humaine.

Une autre revendication de la plupart des remèdes alternatifs est qu'ils reposent sur une connaissance voire une "sagesse" antique. La popularité de l'idée selon laquelle un âge d'or aurait eu une sagesse autrement plus importante qu'à notre époque, est révélateur d'un certain mécontentement et d'un ras le bol. Ceci est sans doute une autre manifestation du manque de foi dans les technologies modernes à résoudre les problèmes du monde. Il y a environ 100 ans de cela, la révolution industrielle promettait une nouvelle utopie moderne. L'optimisme cependant était prématuré, et aujourd'hui, nous avons une idée un peu plus réaliste de ce que la technologie peut ou ne peut pas faire et quel en est son coût.

Et de nos jours, les partisans de ces pratiques alternatives voudraient nous faire croire que ces "thérapies" ont survécu, et ont été utilisées depuis et pendant des milliers d'années, est une preuve de leur efficacité. Comment auraient-elles pu survivre, demandent-ils, si cela ne marchait pas ? Mais l'histoire nous montre que cette affirmation est totalement fausse. La théorie humorale de la maladie, par exemple, domina la médecine occidentale pendant 3000 ans jusqu'à l'avènement de la médecine scientifique. Les médecins occidentaux diagnostiquaient des déséquilibres dans les quatre humeurs : le sang, la morve, la bile verte et la bile noire. Ceux-ci traitaient ces déséquilibres avec des potions émétiques, des laxatifs ou la saignée. Les échecs répétés et fréquents de leurs traitements n'en réduisait pas leur foi en cette pratique

La pensée magique par assimilation

La pensée magique est au cœur de la confusion qui est faite entre plante médicinale et plante comestible.

À force de vouloir être, l’homme entretient une relation pleine d’espoir avec la plante médicinale, qui va lui donner la force, l’allure, l’intelligence qu’il souhaite absorber. Puisque « l’on est ce que l’on mange », il suffit de le lui dire, et il le « croira ».

« Les choses qui se ressemblent sont en fait une seule et même chose », disait Frazer, anthropologue et spécialiste de la pensée magique. Sans aucun caractère raisonnable pour une telle hypothèse, si les choses sont ce qu’elles semblent être, voici le paradoxe d’une société qui, prisonnière du paraître et de la rapidité, se sert des représentations d’images et de mots comme seule vérité.

Selon certains chercheurs en sciences humaines, l’alimentation, par son processus d’incorporation de la nourriture, est une des activités humaines les plus propices à la pensée magique . Pour l’individu qui mange, l’aliment s’introduit alors à l’intérieur de l’organisme au sens matériel du terme, mais aussi au sens idéel. Le mangeur moderne serait alors aux prises de son imagination et d’une certaine pensée magique. Cette pensée proviendrait de représentations magiques plus personnelles, mais aussi de celles véhiculées par la publicité, relayées par les médias. Il est par exemple évident que certains publicitaires jouent sur le côté « potion magique » du produit. Dans la publicité qui passe à la télévision, une fois que la potion est avalée, la personne trouve immédiatement un autre éclat et un mieux-être (symbolisés par une image qui devient plus nette).

Défiance envers l’industrie pharmaceutique

Abstraction faite des adeptes de la théorie du complot à la Big Pharma, le dénigrement de la médecine conventionnelle ou des traitements proposés par une équipe médicale qualifiée, est un des éléments de discours véhiculés par des charlatans de la santé ou des pseudo-thérapeutes, issus de signalements parvenus à la Miviludes (Mission interministerielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

A ceci on peut rajouter :

  • une promesse de guérison miracle là où la médecine conventionnelle aurait échoué ;
  • l’utilisation d’un langage pseudo-scientifique ou scientifique très complexe ou au contraire, prétendant avoir découvert un principe d’action extrêmement simple.

De l’histoire

Des siècles d’utilisation où l’homme a expérimenté par lui même les plantes médicinales ont crée une connaissance botanique et pharmacognosique dont nous profitons aujourd’hui.

En Europe, à partir du moyen-âge, deux corporations se différencient :

  • les herbiers (dénomination médiévale) qui deviendront les herboristes, qui récoltent et vendent des plantes indigènes séchées (médecine la moins chère et disponibles pour tous à l'époque)
  • les apothicaires, qui deviennent les pharmaciens au XIXe siècle, avec une école nationale et une centralisation de l'organisation du métier ;

Ce sont alors les pharmaciens qui forment les herboristes qui sont tolérés, mais souvent critiqués par les pharmaciens qui fabriquent et vendent des remèdes plus complexes et préparés à base de plantes, de minéraux et de substances animales.

Les plantes médicinales, juste une mise au point

En France, dès le XIIème siècle, la préparation et la vente des plantes étaient l’apanage des apothicaires auxquels Louis IX, qui deviendra Saint Louis, donna un statut en 1258.

Le métier d'herboriste a été reconnu pour la première fois en France en janvier 1312.

Un herboriste est un professionnel qui, dans une officine, vend des plantes médicinales et des préparations à partir de plantes médicinales utilisées comme médicaments. la Faculté de médecine de Paris n’attribue le premier diplôme d’herboriste qu’en 1778, auquel l’exercice de la profession est assujetti dès 1803.

Grâce à l’invention de l’imprimerie, la diffusion des anciens textes romains et grecs s’élargit à un public plus vaste. Une découverte qui coïncida avec la rapide expansion des villes ; pendant les deux siècles qui suivirent, la connaissance des plantes s’accrut considérablement dans tous les domaines.

Au XVIIIe siècle, la santé publique devient étatique et on parle alors de salubrité publique. Les herboristes sont une profession non organisée et donc fragilisée de tous côtés. En 1777, la création du Collège de pharmacie assoie l’autonomie et le monopole définitifs des apothicaires pour la préparation et la délivrance des remèdes.

Au XIXe siècle, avec l'apparition des vaccins et d'un grand nombre de médicaments de synthèse, l'herboristerie recule, souvent présentée comme désuète et associée à une civilisation paysanne jugée dépassée, au profit de l'industrie pharmaceutique.

La phytothérapie fait intervenir des substances actives non dénuées de risques, des « poisons » seules ou associées à d’autres. Le pharmacien s’est historiquement vu confier la dispensation des plantes médicinales. Après plusieurs siècles d’existence, la profession d'herboriste est supprimée en 1941.

L'histoire récente de la phytothérapie est malheureusement polluée en France par ce pseudo débat entre pharmacie et herboristerie.

Il faut garder à l'esprit plusieurs choses :

  • La loi du 11 septembre 1941 relative à l'exercice de la pharmacie, supprimant dans son titre VII le diplôme d'herboriste, n'est pas un texte de loi confortant les pharmaciens. Ce texte propose également la limitation du nombre de pharmacie, que les médicaments soient vendus à l'avenir à un tarif national unique mais aussi la suppression des officines ouvertes illégalement, évaluées à l'époque dans certaines grandes villes à 20 %.
  • Avant cette loi, l'essentiel de la pharmacie en France était régi par une déclaration royale de 1777 et une loi de 1802. Ces textes n'étaient plus adaptés au corpus de connaissances scientifiques de la pharmacologie du XXème siècle.

Donc ce n'est pas une loi qui a été faite pour supprimer la profession d'herboriste. La suppression du diplôme d'herboriste n'est mentionnée que dans un article (article 59) sur les 66 articles de la loi.

Il faut également se remettre dans le contexte du Moyen Âge. La médecine dite savante, au Moyen Âge n’existe pratiquement pas ou alors cantonnée dans les villes et réservée aux plus nantis. Dans les campagnes, chacun se soigne comme il peut avec les moyens du bord. La superstition et les croyances remplacent l'objectivité des faits. Les herboristes ont dans les campagnes rendus de nombreux services et il faut leur rendre hommage pour cela.

Depuis cette époque, les campagnes et les villes ont bien changées, la science médicale a gagné en connaissance avec le développement de la toxicologie et de la pharmacognosie. Il est fini le temps où on allait chez l'herboriste chercher des herbes pour se soigner car on ne trouvait pas de cabinet médical ou de pharmacie. Cette scène anachronique appartient maintenant au folklore et sauf, à user d'une moisissure classique appelée le biais d'ancestralité, autrement dit "avant c'était mieux", laissons à l'histoire ce qui appartient à l'histoire.

Les herboristes ont rendus des services, tout comme les pharmaciens. Ce débat est caduc maintenant puisqu'on ne trouve plus d'herboriste en France.

Mais on en trouve encore dans d'autres pays.

En Italie, il existe un diplôme d’herboristerie reconnu par l’État. Il peut vendre des plantes médicinales, sans toutefois pouvoir afficher d’allégations thérapeutiques. La vente des plantes pour une utilisation médicinale est réservée aux pharmaciens. La profession existe aussi au Canada, Belgique, etc.

En France, je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire quand je vois des écoles "d'herboristerie" indiquer : "en plus de transmettre le savoir ancestral de l'herboristerie, sont aussi adaptées à notre société contemporaine, avec des cours d'anatomie, de pathologie et d'interactions avec les médicaments". Dans ce cas, il est clairement reconnu que l'herboristerie est d'un autre temps mais je pose la question ouverte concernant quel savoir ancestral qui n'est déjà pas connu de la science pharmacologique ?

Des points règlementaires

En France, le diplôme d'herboriste a été supprimé par le régime de Vichy (Loi du 11 septembre 1941 relative à l''exercice de la médecine, JO du 20 septembre 1941, page 4023). Les herboristes diplômés avant cette date ont le droit d'exercer toute leur vie durant (Code de la santé publique, Article L4211-7).

Sauf s’il est d’un âge canonique, celui qui se prétend herboriste usurpe donc un titre qui n’existe plus en France. Vous, moi, le boucher de la rue, l’épicier en face, peut s’improviser herboriste puisque le titre et le diplôme n’existent plus.

La vente des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée est réservée aux pharmaciens.

La liste des plantes médicinales se présente sous forme de tableau. Elle est structurée en deux parties :

  • une liste A « plantes médicinales utilisées traditionnellement »
  • une liste B réunissant les « plantes médicinales utilisées traditionnellement en l’état ou sous forme de préparation dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu »

Depuis 2008, une liste fixée par décret permet à des personnes autres que des pharmaciens de vendre certaines plantes (les plantes dites libérées), sans toutefois pouvoir revendiquer une indication thérapeutique ou un effet pharmacologique (décret 2008-841 du 22 août 2008)

Pour la plupart, il s’agit de plantes ayant un autre usage (alimentaire, aromatique ou condimentaire)

Certains auto proclamés herboristes ont vite franchi le pas pour s’attribuer le commerce de ces plantes libérées alors qu’en fait ils n'ont aucune légitimité. Mais herboriste sonne mieux, fait plus antique. Le biais d’ancestralité parle au quidam et s'inscrit dans l'air du temps avec la permaculture, l'alimentation paléo etc.

Cette réglementation a plusieurs objectifs :

  • garantir la sécurité du patient contre les dérives, le charlatanisme et les dérives sectaires ;
  • le cursus scientifique du pharmacien, sa formation en pharmacognosie et botanique lui permettent de conseiller les patients et d’être vigilant sur les notions de bon usage et toxicité des produits.

On comprend aisément que les pharmaciens sont reconnus légitimes par le législateur

Les plantes médicinales, juste une mise au point

Les plantes médicinales, un gâteau appétissant

Chaque année est organisé en France un congrès des herboristes.

Sur leur site de billetterie, on peut lire « Le Congrès des Herboristes est le rendez-vous des amoureux des plantes, organisé par l'Association pour le Renouveau de l’Herboristerie, l’École Lyonnaise de Plantes Médicinales, l'Herboristerie du Palais Royal, l'Inderplam, l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle, et Natura Mundi. »

C’est vrai que congrès des herboristes sonne plus sérieux que congrès des amoureux des plantes.

Intéressons nous à certains organisateurs de ce congrès.

  • herboristerie du palais royal : le 4 avril 2013, la cour d’appel de Paris a condamné la société Herboristerie du Palais-Royal et son gérant (Michel Pierre) pour exercice illégal de la pharmacie. Pour approfondir le sujet, vous pourrez consulter la page https://www.psiram.com/fr/index.php/Michel_Pierre
  • l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle : une association où on trouve pèle mêle des gens de la médecine alternative comme Thierry Souccar, Henri Joyeux etc. Le lien ci après vous donnera de plus amples informations https://www.psiram.com/fr/index.php/IPSN

Je vais revenir sur un des membres de cette association, Jean François Astier. Selon le site du PSIRAM, il est naturopathe, expert en herboristerie, directeur de Natura Mundi, association qui fait partie de la liste des organisateurs.

M. Astier est également rédacteur et éditorialiste du magazine Plantes et santé. Pour avoir lu plusieurs de ces magazines, je résumerais ceux que j'ai lus, et c’est avis personnel évidemment, pour beaucoup à un catalogue de publicité pour des compléments alimentaires additionnées d’articles pseudo scientifiques genre cure détox. Ce qui a commencé à me mettre la puce à l’oreille est la rubrique de questions réponses où j’ai du lire à deux fois les recommandations d’un naturopathe à un lecteur consistant à adapter son régime à son groupe sanguin. Chacun après pourra penser ce qu’il veut du sérieux de ce magazine.

Pour l’anecdote, on retrouve également parmi les rédacteurs de ce magazine un ethnobotaniste que tout les amateurs de plantes sauvages connaissent, François Couplan.

Voilà ce qu’on peut lire sur le site internet de l’école française d’herboristerie :

« Vous découvrez ainsi notre offre de formations professionnalisantes pour travailler dans le domaine de l'herboriste et vous initier à la naturopathie. »

Nul besoin de démonstration supplémentaire de l’association infondée entre herboristerie et naturopathie

Devenir herboriste c'est savoir conseiller et gérer une herboristerie

Nos cours complets vous permettent de découvrir tous les aspects du métier et les missions d'un(e) parfait(e) vendeur(euse) et conseiller(ère) en herboristerie :

  • la gestion commerciale du point de vente ;
  • le conseil et la relation client ;
  • l'expertise en plantes médicinales et compléments alimentaires.

L’expertise en plantes médicinales et compléments alimentaires. Sachant que cette « formation » ne permettra de toute façon que de vendre des plantes libérées, pour lesquelles, rappelons le, on ne peut pas alléguer des actions thérapeutiques, ce terme d’expertise en plantes médicinales est pour le moins surprenant. Quand aux compléments alimentaires, on se demande ce qu’ils viennent faire là dedans.

Nul besoin d’un diplôme pour vendre des plantes d’épicerie. Mais herboristerie sonne tout de suite plus authentique. Pour information, le 03 septembre 2012, la gérante d’une société dénommée l’Herbe magique s’est vue condamné par le tribunal correctionnel de Marseille pour exercice illégal de la pharmacie mais également pour usurpation du titre d’herboriste et tromperie sur la nature des produits.

Un domaine très concurrentiel

On remarque que les plantes médicinales intéressent beaucoup de naturopathes. En France, ces gens ne sont pas reconnus comme des professionnels de santé , beaucoup utilisent des concepts pseudo scientifiques comme détox, alimentation alcaline etc. N’importe quel quidam peut s’improviser naturopathe.

Le lecteur curieux pourra consulter le lien suivant http://www.charlatans.info/naturo.shtml

Qu’en conclure ? certains ont compris que la mode des plantes sauvages peut rapporter de l’argent, qu’elle s’inscrit dans l’air du temps. Qu’importe les considérations scientifiques, médicales, si c’est naturel, ça ne peut être que bon (sic)

La phytothérapie et les plantes médicinales n’appartiennent pas à la sphère des médecines « alternatives », ni aux naturopathes et ce n’est certainement pas grâce à eux que le savoir de nos ancêtres s’est perpétué jusqu’à nous, ni continuera à se perpétuer.

Ils nous ressortent un mot du Moyen-Age, « simple » qui désignait les plantes médicinales. Ils se disent victimes des lobbies pharmaceutiques ou industriels. Certains ne sont que des producteurs cueilleurs, d’autres usurpent un titre d’herboriste qui n’existe plus. On voit beaucoup de mauvaise foi dans ce domaine et surtout de l’illusion pour pallier à l’absence de compétences médicales. Les discours fantaisistes et simplistes (sans jeu de mot) doivent inviter à la vigilance et à l’esprit critique contre ceux qui veulent nous ramener à l'époque médiévale;

On ne pourra leur reprocher de surfer sur un engouement populaire dont ils veulent aussi une part du gâteau, et sans avoir besoin de faire de longues études.

Les herbalistes, conseillers en phytothérapie : deux dénominations fraîchement créées et encadrées par aucun diplôme ni formation officielle.

De l’importance d’avoir de solides connaissances médicales

Les plantes médicinales contiennent des substances potentiellement dangereuses si elles sont utilisées à mauvais escient.

Le public imagine bien souvent que ce qui est naturel est sans danger, ce qui est évidemment faux. Digitale, jusquiame, datura, etc., les exemples ne manquent pas et pourtant c’est grâce à cette pharmacologie tant décriée que le potentiel de ces plantes est connu et leur usage pour les malades sécurisé.

Un grand nombre d’entre elles peuvent être très toxiques, notamment pour les personnes fragilisées, âgées, les jeunes enfants, femmes enceintes;

L’usage des plantes médicinales en l'état, du bricolage ?

Les effets bénéfiques des plantes sur la santé sont dus au fait qu'elles contiennent des substances appelées principes actifs, responsables de leurs effets thérapeutiques. Il existe de nombreux principes actifs connus et décrits dans les monographies mais tous ne le sont pas, loin de là.

Je propose les questions ouvertes suivantes :

- une plante médicinale étant un ensemble de diverses substances actives, peut-on réduire son efficacité uniquement à une seule de ses substances actives ?

- quelle est l’incidence des autres molécules de cette plante sur la propriété active de la dite molécule ?

- certaines substances dans les plantes médicinales peuvent avoir des propriétés actives. Mais à partir de quelle quantité de plantes utilisées ?

- Si je prends plusieurs fois la même plante, la concentration de la substance active sera-t-elle la même dans chacun d’entre eux ?

Une plante médicinale est composée de milliers de substances. Chacune d’entre elles est présente en quantité variable. Ce constat simple complique déjà la question puisqu’il sera difficile d’avoir une reproductibilité des données.

Lorsque les principes actifs sont connus, il est souhaitable de normaliser leur dosage par des méthodes validées, comme cela est fait pour les médicaments à base de plantes. Cela permet d'obtenir un maximum de bénéfices thérapeutiques avec un minimum de risques, sachant que, si beaucoup de plantes n'ont pas d'effets secondaires lorsqu'elles sont utilisées à des doses connues et normalisées, certaines ont des effets toxiques pouvant être graves, même à faible dose.

En fait, l'usage des plantes médicinales est très complexe. On ne peut donc pas l'assimiler à toute à une série de substances actives que l'on pourrait doser au milligramme et au nombre de gouttes à prendre chaque jour.

Cela reste quand même très empirique et aléatoire. A cela doit certainement s’ajouter une dose de croyance, de foi en la nature bienveillante, ce qui n’est pas mauvais pour l'effet placebo.

C’est à partir de ces constats qu’on comprend que la science pharmacologique a quand même permis de rationaliser un peu tout ça pour sécuriser et optimiser l’usage. Il ne s’agit évidemment pas de stigmatiser l’empirisme et pour plusieurs raisons. D’une part sa dimension historique à une époque où nos ancêtres n’avaient pas forcément accès à un médecin et se soignait du mieux qu’il pouvait. D’autre part ces connaissances orales ont leur importance pour donner des pistes d’orientation pour la recherche à venir. L’approche empirique et scientifique sont complémentaires et ont à s’apporter mutuellement, remettant en cause certaines légendes, mais établissant solidement certains usages anciens. Ce que je fustige sont les personnes peu scrupuleuses et autres khmers verts qui idolâtrent la nature en la voyant comme solution à tout nos maux et que les médecins et pharmaciens sont des vendus.

Les plantes médicinales, juste une mise au point

Les substances actives des plantes

De tout temps, les hommes ont utilisé les plantes pour se soigner; cependant, il était impossible d'expliquer rationnellement comment ces plantes agissaient....

On choisissait souvent plantes et animaux pour leur apparence qui évoquait un organe ou une affection et il s'avéra souvent que cette similitude indiquait mystérieusement un effet thérapeutique. Ce qu'on appelle la théorie des signatures.

Avec le développement rapide des sciences naturelles au XIXème siècle, notamment la chimie organique et la pharmacologie, on peut déterminer quel principe actif a un effet thérapeutique pour une affection donnée et l'isoler.

Les principes actifs les plus importants des plantes médicinales sont les alcaloïdes, les glucosides,les huiles essentielles, les tanins. Ce sont tous des produits du métabolisme secondaire des plantes.

Définissons d'abord le métabolisme primaire

Un métabolisme primaire est un type de métabolisme concernant la croissance, le développement et la reproduction normale d'une plante. Il génère des métabolites primaires ayant généralement une fonction physiologique dans cet organisme, c'est-à-dire une fonction intrinsèque.

Un métabolite secondaire n'est pas directement impliqué dans ces processus physiologiques indispensables d'une plante, mais possède typiquement une fonction écologique importante, c'est-à-dire une fonction relationnelle. Ils exercent un rôle majeur dans l’adaptation des végétaux à leur environnement. Ils assurent des fonctions clés dans la résistance aux contraintes biotiques (phytopathogènes, herbivores, etc.) et abiotiques (UV, température, etc.). Les animaux sont mobiles pour rechercher leur nourriture, pour échapper aux prédateurs et pour se reproduire, ce qui n'est pas le cas des végétaux. La sélection naturelle a sélectionné d'autres stratégies de défense pour les plantes. Les métabolites secondaires sont impliqués étroitement dans ces stratégies de dissuasion des prédateurs avec les odeurs qui repoussent les herbivores et des plantes toxiques qui "éduquent" les herbivores à les éviter pour ne pas être broutées

Chez les végétaux, ces composés secondaires regroupent plusieurs dizaines de milliers de molécules différentes, généralement rassemblés en superfamilles chimiques qui contiennent une part des principes actifs des plantes médicinales.

Outre leur très grande diversité chimique , ces métabolites secondaires se caractérisent généralement par de faibles concentrations dans les tissus végétaux.

La première des choses à retenir est que ces principes actifs ne se retrouvent pas à tout moment dans une plante mais dans des circonstances bien particulières. N’est-il pas ironique de parler de la bienveillance des plantes à notre égard alors qu’elles synthétisent ces substances pour se protéger justement de notre gloutonnerie ?

Ces composés sont limités à certaines espèces de végétaux et sont importants pour la survie et la valeur adaptative des espèces qui les synthétisent. Par conséquent, toutes les plantes ne sont pas médicinales.

Il peut exister pour une même plante des variations biochimiques, qualitatives et quantitatives pour une substance active. On parle de chémotype et l’exemple le plus connu est le thym.

On en revient à la conclusion du paragraphe précédent que l'usage des plantes médicinales reste aléatoire et empirique.

Thymus serpyllum (thym serpolet)

Thymus serpyllum (thym serpolet)

Internet, attention danger !

De nombreux sites proposent aujourd’hui des produits à base de plantes médicinales. On peut trouver de tout, y compris des plantes interdites à la vente en France ou en Europe pour des raisons de sécurité ou parce qu’elles ne font pas partie de notre tradition.

La prudence s’impose devant ceux qui poursuivent des objectifs purement mercantiles. Il convient donc de choisir son circuit en fonction des garanties obtenues sur l’origine et la qualité des plantes, tout en sachant que rien ne remplace le dialogue avec un spécialiste.

Voici une liste de questions à se poser pour y voir un peu plus clair.

  • Qui s’occupe de ce site ? Ne vous fiez pas aux sites qui n’offrent pas de rubrique du type « Qui sommes-nous ? ».
  • D’où vient l’information ? La source des affirmations présentées doit être précisée. Méfiez-vous des bénéfices miraculeux sous couvert d’articles prétendument objectifs.
  • Comment l’information est-elle vérifiée ? Les sites sérieux concernant la santé font valider leur information par un comité éditorial composé de médecins ou de praticiens respectés dans leur domaine.

Conclusion

Depuis son apparition, Homo sapiens a utilisé les plantes à d'autres fins que de la nourriture. Que la plante soit comestible ou toxique, l'homme a découvert par une suite d'échecs et de réussite, l'utilisation des plantes pour son mieux-être et cette aventure se poursuit et continuera à se poursuivre.

De nos jours, les progrès de la biochimie et de la pharmacologie, ainsi que de la physiologie végétale, ont permis de commencer un tri rationnel dans la masse des actions attribuées aux plantes, invalidant certaines légendes, mais établissant solidement certains usages anciens.

N’en déplaise aux fanatiques du naturels, la somme de connaissances que l’on possède sur les plantes médicinales est avant tout un travail collégial associant tradition et science.

Le succès de la phytothérapie s’explique aussi par le niveau des connaissances scientifiques mais aussi des techniques de fabrication, d’extraction. En fait la collaboration de plusieurs disciplines.

La mise au point de nouveaux médicaments s'effectue maintenant dans les universités, dans des organismes de recherche scientifique, de recherche médicale et dans l'industrie.

Il n’est pas exclu que la phytothérapie devienne une tendance durable. On ne peut que se réjouir de la sensibilisation du public aux plantes mais gare à l’excès inverse qui est de voir dans chaque plante quelque chose qui soigne ou qui se mange. Les plantes ne sont pas là pour notre service et c’est un non sens de voir dans chaque plante des vertus et se prétendre défenseur de la nature alors qu’on commet un biais finaliste et anthropocentrique en les jugeant par rapport à nous. Ces principes actifs (pour nous) sont pour beaucoup des métabolites secondaires présents justement pour dissuader les brouteurs d’y toucher.

La destruction sauvage des forêts équatoriales et d'autre écosystèmes nous prive d'une source de matière première essentielle pour la découverte de nouvelles molécules nécessaires à la mise au point de futurs médicaments. C'est pour cette raison que le patrimoine végétal doit être absolument préservé dans sa diversité et dans son étendue, au nom d'une histoire étroitement liée entre l'homme et les plantes et pour notre propre avenir.

Sources

LES QUESTIONS ET TRAVAUX DE RECHERCHE NÉCESSAIRES AU DÉVELOPPEMENT DE LA FILIERE ; EXEMPLE DE L’APPORT DES SCIENCES COGNITIVES À LA PRODUCTION/VALORISATION DES MÉTABOLITES SECONDAIRES D’INTÉRÊT (Prof. Frédéric Bourgaud)

MÉTABOLITES SECONDAIRES DES PLANTES ET COMPORTEMENT ANIMAL :SURVEILLANCE SANITAIRE ET OBSERVATIONS DE L’ALIMENTATION DE CHIMPANZÉS (Pan troglodytes schweinfurthii) EN OUGANDA ACTIVITÉS BIOLOGIQUES ET ÉTUDE CHIMIQUE DE PLANTES CONSOMMÉES (Sabrina KRIEF)

Effets de l’environnement sur la croissance et l’accumulation de métabolites secondaires chez Datura innoxia Mill. Cultivé en condition hors sol ; impact des facteurs biotiques et abiotiques ; (thèse du 04 juillet 2008 de Vu Thi Dao)

Plantes médicinales et formes d’utilisation en phytothérapie ; (thèse du 28 mai 2010 de Jean-Yves Chabrier)

Traité pratique de Phytothérapie. (Morel Jean-Michel. Ed. Grancher, 2008)

Les cahiers de l’Ordre national des pharmaciens (numéro 5) : Le pharmacien et les plantes

Magazine La France pittoresque N° 17(Janvier/Février/Mars 2006)

http://www.universite-buissonniere.com/wp-content/uploads/2015/03/Guide-pratique_plantes-médicinales.pdf

http://www.aspirine.fr/historique.html

http://ansm.sante.fr/Mediatheque/Publications/Pharmacopee-francaise-Substances-d-origine-vegetale

http://eurekasante.vidal.fr/parapharmacie/bon-usage-phytotherapie-plantes/ou-acheter.html#KzKq8EdCwL2a9ufE.99

http://www.jpboseret.eu/biologie/index.php/ecologie/les-plantes-medicinales

http://www.charlatans.info/herbalism.shtml

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/editoriale/fichiers/Comment%20reconnaître%20un%20charlatan%20ou%20un%20pseudo%20thérapeute%20sectaire.pdf

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