Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Introduction et premiers éléments de constatations

Nos comportements nutritionnels ont un impact sur notre santé. Certains aliments ou familles d’aliments ont d’ailleurs des vertus que la science reconnaît formellement. De là à mélanger les genres, certains n’hésitent pas à franchir le pas.

« Que ton aliment soit ton seul médicament ». Cette citation, qui serait attribuée à Hippocrate, est mon point de départ.

Différentes formulations circulent sur Internet. Selon les sources, j’ai recensé par exemple les formulations suivantes :

-Que ta nourriture soit ton premier médicament

-Que ton alimentation soit ton seul médicament

-Que ton aliment soit ton médicament

-Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit dans ta nourriture

-Que ton aliment soit ta seule médecine

la formulation de la citation, selon les utilisateurs, n’est pas homogène

Si on rentre cette citation dans un moteur de recherche Internet, que trouve-t-on ?

Sur les 30 premières occurrences on trouve :

-53 % de sites l’utilisant simplement comme titre ou bandeau ;

-40 % de sites traitant de régime « santé » avec une pathologie identifiée (régime anti cancer, etc.) ;

-16 % de sites type blog personnel ou journalistique ;

-10 % de sites de naturopathie et santé au « naturel » ;

-6 % de sites traitant de régime d’exclusion (anti lait, anti viande, anti gluten, etc.) ;

-3 % de sites de végétalisme et crudivorisme ;

-3 % de sites de psychologie ;

-3 % de sites faisant la promotion d’un marché bio ;

-3 % de sites de médecine indienne ;

-3 % de sites « d’éveil personnel » ;

-3 % divers

Précision : ces données n’ont pas vocation à être représentatives statistiquement. Il s’agit de simples données brutes. Les constats établis à partir de ces 30 sites n’ont pas vocation à être généralisés ou à servir pour établir des corrélations, d’autant plus que la recherche par la citation introduit déjà initialement un biais.

  • des sites assez hétéroclites et multidisciplinaires citent cette phrase : des promoteurs pour un marché bio en passant par la psychologie, l’éveil personnel etc ;
  • les sites de naturopathie, médecines naturelles, régimes d’exclusion et régimes dit « santé » constituent plus de la moitié des sites trouvées;
  • plus de la moitié des sites l’utilisent simplement comme titre ou comme bandeau.

On se retrouve donc devant une citation déclinée en plusieurs versions, quelquefois accolée sur un site comme un simple bandeau, des sites assez hétérogènes mais avec une tendance régimes d’exclusion ou régimes particuliers.

Problématique : comment et pourquoi les aliments deviennent des médicaments et avec quelles conséquences ?

I La citation d’Hippocrate et son contexte

La vie d’Hippocrate (île de Cos 460-Larissa, Thessalie, vers 377 avant J.-C.) reste très mal connue. Il fait figure de père de la médecine, considéré comme un excellent clinicien, qui a consigné des observations rigoureuses. Son nom recouvre en fait l'œuvre d'une école médicale qui, sous le double signe du rationalisme et de l'observation, établit une approche du corps humain affranchie de considérations religieuses ou magiques. Si ses théories semblent actuellement obsolètes, certaines de ses descriptions cliniques sont toujours valables.

L'école hippocratique a été influencée par la théorie des quatre éléments qui postule que toute matière est constituée d’un mélange de quatre éléments primordiaux l'Eau, la Terre, l'Air, le Feu. En reprenant une vieille conception grecque qui établissait une correspondance entre le microcosme et le macrocosme, le corps humain étant le reflet en miniature de l'univers, Hippocrate professait que le corps humain était constitué de quatre humeurs qui sont la transposition organique de chacun des éléments fondamentaux

Hippocrate reconnaît dans l'organisme quatre liquides fondamentaux, appelés humeurs : le sang, le « phlegme », la bile jaune et la bile noire. Pour lui, la santé résulte d'un équilibre entre ces humeurs. La maladie apparaît quand un déséquilibre s'installe au profit de l'une d'elles et le médecin doit alors rétablir l'équilibre. Il est donc nécessaire d'avoir un mode de vie et une alimentation qui permettent de conserver cet équilibre ou qui compensent les déséquilibres liés aux saisons ou à l'âge des patients.

Dans la diététique hippocratique, on classe les aliments en fonction de leur correspondance avec l’un ou l’autre des quatre éléments : l'Eau, la Terre, l'Air, le Feu qui correspondent à quatre tempéraments définis par la théorie des humeurs. Chaque aliment est classé en fonction de ses qualités qui s'échelonnent en quatre degrés sur deux axes principaux : « chaud et froid », « sec et humide », accessoirement selon les axes « doux et amer », « cru et cuit »

L'ail est chaud, laxatif et diurétique, bon au corps, mauvais pour les yeux, car en imposant au corps une purge considérable, il affaiblit la vue. Il est laxatif et diurétique, vu son caractère purgatif. Il est plus faible bouilli que cru. (II, LIV, 1, Hippocrate, Du Régime (traduction Robert Joly, Les Belles Lettres, 1967))

Le savoir diététique à l’époque de cette citation est donc qu’il faut consommer un aliment correspondant à l’humeur manquante pour rétablir l’équilibre. On peut concevoir aisément dans ce contexte l’usage d’un aliment comme « médicament »

Le médecin hippocratique se méfie des fruits et des légumes crus : il recommande de cuire les aliments. Paradoxal quand on voit que la citation d’Hippocrate est quelquefois associée à des sites prônant le crudivorisme.

Bien que désormais obsolètes, ces concepts qui ont largement dominé la médecine en Occident pendant plus de mille ans ont laissé des traces dans la culture populaire. Les termes lymphatique, flegmatique, mélancolique, colérique sont toujours employés pour désigner des caractères, bien qu’on ne sache plus précisément à quoi ils font référence. Cette tradition apparaît également dans certaines pratiques culinaires (manger du melon avec du jambon cru par exemple) ou dans certains conseils diététiques de nos grands-mères (ne pas boire en mangeant)

A l’époque d’Hippocrate, on ne raisonnait pas en nutriment mais en humeur et dans ce contexte, la notion d’aliment comme « médicament » avait son sens.

La citation qui lui semble unanimement attribuée est : « QUE TON ALIMENT SOIT TA SEULE MEDECINE». Pour les autres citations je n’ai pas trouvé de références.

A noter qu’on ne parle déjà plus de médicaments dans cette citation mais d’aliment.

Alors pourquoi associer aliment et médicament ? Pour souligner une opposition à la pharmacologie ? Pour associer l’antique au moderne et ainsi revêtir de l’habit scientifique moderne d’anciennes croyances ?

Cette citation d’Hippocrate s’inscrit dans un contexte médical désormais obsolète.

II De la notion d’aliment et de médicament

1. L’aliment

L’aliment est défini dans l’article 2 du règlement (CE) n°178/2002 comme une « substance ou produit destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d’être ingéré. (…) Ce terme ne recouvre pas les médicaments au sens des Directives 65/65/CEE et 92/73/CEE »

Cette définition, avec la notion de « raisonnablement susceptible d’être ingéré » nous interpelle sur la notion de comestibilité dont l’étendue de signification va de mangeable à gastronomique. Si l’on s’en tient à l’idée d’une « denrée alimentaire », beaucoup de choses peuvent être mangés, des feuilles d’arbres en passant par les hirondelles etc. Evidemment pour diverses raisons nous ne mangeons pas toutes les choses dites comestibles.

La directive 2000/13/CE interdit de manière générale l'emploi d'informations qui induiraient l'acheteur en erreur ou attribueraient aux denrées alimentaires des vertus médicinales. L’article 2 précise que l'étiquetage et les modalités selon lesquelles il est réalisé ne doivent pas (…) attribuer à une denrée alimentaire des propriétés de prévention, de traitement et de guérison d'une maladie humaine, ni évoquer ces propriétés.

A cet effet, l’article 8 alinéa 3 du règlement (UE) n°1169/2011 indique que les informations sur les denrées alimentaires n’attribuent pas à celles-ci des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine, ni n’évoquent de telles propriétés.

D’un point de vue réglementaire, un aliment n’est pas un médicament

2. le médicament

Le médicament répond à une définition juridique précise qui a été explicitée par une jurisprudence abondante.

Le médicament est défini à l’article L5111-1 du Code de la santé publique comme une « substance ou composition possédant des propriétés curatives ou préventives ». Qui dit médicament, dit concentration en principe actif, excipient et généralement autorisation de mise sur le marché .

L’objectif du médicament est de restaurer ou modifier une fonction physiologique en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique.

On distingue les médicaments par fonction et les médicaments par présentation. Le statut de ces derniers est plus difficile à établir. Du fait de leur présentation ou de leur composition, des produits peuvent être considérés réglementairement comme des médicaments. Citons comme exemple les produits diététiques associés à des indications thérapeutiques.

Lorsque, au regard de l’ensemble de ses caractéristiques, un produit est susceptible de répondre à la fois à la définition du médicament et à celle d’autres catégories de produits régies par le droit communautaire ou national, il est, en cas de doute, considéré comme un médicament

Des procès se succèdent en effet depuis des années concernant des produits dits « frontière » pour savoir s'ils sont ou ne sont pas des médicaments. Ils permettent de différencier le médicament d'un grand nombre d'autres produits qui voudrait tirer avantage de son « auréole » sans pour autant se soumettre aux conditions drastiques imposées par la loi et requises pour bénéficier de son statut.

Un avis de la Cour de justice de la Communauté européenne rappelle qu’un produit qui a des propriétés bénéfiques pour la santé, mais qui ne procure aucun bénéfice pour la santé par rapport à la consommation de ce produit à l’état naturel, ne répond pas aux critères de qualification du médicament.[1]

La qualification de « médicament » impose au fabricant du produit concerné le respect de la législation et de la réglementation pharmaceutiques (preuves scientifiques des allégations thérapeutiques, procédures d'assurance qualité, réglementation). Le médicament n’est pas un produit de consommation comme les autres. Aucun médicament n’est sans risque et tous les médicaments ont des effets secondaires. C’est pourquoi le médicament est soumis à une réglementation stricte et il est très important d’en faire bon usage.

3. Mise en perspective et discussion

Un aliment ne peut pas être assimilé à un médicament. L’aliment ne relève pas de la démarche scientifique du médicament

La question à se poser : est-ce qu’un aliment peut restaurer ou modifier une fonction physiologique en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique ?

Un aliment est certes constitué également de plusieurs molécules mais pas à des concentrations définies et surtout en interaction avec pléthores d’autres molécules.

Dans le cas des aliments, ces molécules portent un nom : les nutriments, terme qui n’est pas utilisé pour les médicaments.

Les nutriments sont définis dans le règlement (CE) n°1924/2006 à l’article 2 comme les protéines, les glucides, les lipides, les fibres alimentaires, le sodium, les vitamines et les sels minéraux. Nous aurons l’occasion ultérieurement de revenir sur ce règlement.

Eléments de discussion :

-un aliment étant un ensemble de divers nutriments, peut-on réduire celui-ci uniquement à un seul de ses nutriments, à une seule de ses substances actives ?

-quelle est l’incidence des autres molécules de cet aliment sur la propriété active de la dite molécule ?

-n’est-il pas paradoxal de voir l’approche nutriment associée à la citation d’Hippocrate alors que l’approche nutriment a remplacée la théorie des humeurs? Je ne peux m’empêcher de penser au mode d’alimentation dit paléolithique qui colle de l’ancien sur du moderne.

-certaines substances dans les aliments peuvent avoir des propriétés actives. Mais à partir de quelle quantité d’aliment ingéré ?

-Si je prends plusieurs fois le même aliment, la concentration de la substance active sera-t-elle la même dans chacun d’entre eux ?

En fait, l'alimentation est très complexe. On ne peut donc pas l'assimiler à toute à une série de nutriments que l'on pourrait doser au milligramme et au nombre de gouttes à prendre chaque jour.

Il peut y avoir également des interactions imprévues entre les aliments et les médicaments. Certains aliments peuvent accentuer les effets indésirables ou diminuer l’efficacité d’un traitement médicamenteux. Les interactions entre médicaments et aliments, lorsqu’elles existent, sont clairement indiquées dans la notice. Pour un médicament concerné par ce type d’interaction, la notice mentionne les aliments à éviter et la nature du risque encouru. Une lecture attentive de la notice des médicaments est nécessaire pour bien suivre un traitement médicamenteux

Utiliser un aliment comme un médicament, c’est compliqué, hasardeux et parfois dangereux.

III De la confusion et de la nécessité de catégoriser

1. Soigner et prévenir

L’OMS donne comme définition de la médecine la somme des connaissances, des compétences utilisées pour diagnostiquer, traiter, guérir et prévenir. Donc la médecine ne fait pas que traiter, elle vise aussi à prévenir

Il convient donc d’abord de définir la notion de prévention. Pour l’OMS, il existe 3 types de prévention :

- Prévention primaire : Actions visant à réduire la fréquence d'une maladie ou d'un problème de santé dans une population saine, par la diminution des causes et des facteurs de risque.

- Prévention secondaire : Actions visant à la détection et au traitement précoce d'une maladie ou d'un problème de santé. La prévention secondaire consiste à identifier la maladie ou le problème de santé à son stade le plus précoce et à appliquer un traitement rapide et efficace pour en circonscrire les conséquences néfastes.

- Prévention tertiaire : Actions visant à réduire la progression et les complications de la maladie avérée ou d'un problème de santé. Elle consiste en mesures destinées à réduire les incapacités, les invalidités et les inconvénients et à améliorer la qualité de vie. La prévention tertiaire constitue un aspect important des soins médicaux et de réhabilitation.

Au vu de ces éléments, on peut mettre principalement l’alimentation dans la catégorie de la prévention primaire. Il s’agit donc de diminuer les causes et les facteurs de risque sans oublier qu’ils ne peuvent être raisonnablement égal à zéro et donc que « l’aliment miracle » est une vue de l’esprit. L’alimentation s’inscrit aussi dans la prévention tertiaire dans les cas notamment d’intolérance et d’allergie alimentaire.

Ces notions de prévention primaire ne doivent pas être confondues avec la notion d’hygiène qui est la partie de la médecine qui étudie les moyens individuels et collectifs, les principes ou les pratiques qui visent à préserver ou favoriser la santé. L'hygiène de vie désigne le fait pour une personne de respecter de manière volontaire ces principes ou ces pratiques.

La prévention primaire dans laquelle s’inscrit également l’alimentation est englobée dans l’hygiène. Mais il faut garder à l’esprit que l’alimentation a aussi une dimension culturelle et donc touche aussi à l’hygiène de l’esprit, pas seulement à l’hygiène du corps. Lorsqu’un aspect est complètement négligé au profit de l’autre, des dérives peuvent s’installer.

Il convient également de définir la notion de « soigner ». Le dictionnaire Larousse indique les sens suivants :

-procurer les soins nécessaires à la guérison, à l'amélioration de la santé de quelqu'un. Essayer de faire disparaître une maladie, de l'éliminer par des soins, des remèdes. On est ici dans une démarche curative.

-être attentif à son bon état, à son aspect, à sa propreté ou à son bon fonctionnement. On est déjà ici dans une notion plus subjective mais en aucun cas dans un contexte de pathologie, mais d’avantage dans une approche préventive. On retombe sur la notion de prévention primaire.

Si je devais reformuler la citation d’Hippocrate « que ton aliment soit ta seule médecine » dans le contexte actuel, » au vu de ces définitions : cela donnerait :

« que ton aliment soit un moyen de prévention pour diminuer les causes et facteurs de risque de certaines maladies, dans le cadre d’une bonne hygiène ».

C’est nettement moins vendeur et surtout plus besoin d’invoquer la médecine et les médicaments.

Voilà en parallèle ce que dit le PNNS : « Il est vrai que nous construisons notre santé avec notre alimentation.»

Mais parler d’Hippocrate fait plus « naturel », plus authentique et le titre de « père de la médecine » a de quoi séduire et sonne scientifique. Un retour vers le temps, plus proche du « paradis originel ».

2. Les maladies liées à la nutrition

Ce sont des maladies dues à un déséquilibre de l'alimentation, soit par excès (de sucres, de protéines, de lipides, de vitamines...) soit par défaut pouvant avoir des répercussions sur l'état de santé (rachitisme, scorbut, diabète de type 2, etc.). Il y a clairement un lien qui existe entre certains comportements alimentaires et la survenue de maladies.

Dans certains cas de figures, le rétablissement de l’équilibre alimentaire permet de soigner la personne (La vitamine C, une alimentation riche en fruit et légume dans le traitement du scorbut par exemple). Néanmoins, les lésions consécutives à la carence peuvent être irréversibles.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on est ici en présence de pathologies particulières, dont le protocole médical de soin ne peut être généralisé pour n’importe quelle maladie.

Dans le cas des allergies, c’est l’ éviction de l’aliment concerné qui permet d’éviter les symptômes.

Dans le cas des intolérances, diminuer les portions peut parfois s’avérer suffisant pour traiter les symptômes.

Dans tout les cas, un diagnostic médical préalable est indispensable. En aucun cas l’éviction de l’aliment ne permet de traiter l’étiologie de l’allergie ou de l’intolérance. Toute éviction alimentaire doit être supervisée par un professionnel de santé pour prévenir d’éventuel risque de carence.

3. Allégations et aliments : des dispositions cadrées

Les allégations font l'objet d'un cadre harmonisé à l'échelle européenne. Le règlement (CE) n°1924/2006 s’applique aux allégations nutritionnelles et de santé formulées dans les communications à caractère commercial, qu'elles apparaissent dans l'étiquetage ou la présentation des denrées alimentaires.

On appelle allégation tout message qui affirme, suggère ou implique qu'une denrée alimentaire possède des caractéristiques particulières.

On distingue plusieurs types d’allégations :

  • -les allégations nutritionnelles affirment qu'une denrée alimentaire possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques particulières de par l’énergie ou les nutriments qu’elle contient ; les allégations possibles sont indiquées dans une liste positive (annexe II du règlement 1924/2006)
  • -les allégations relatives à la réduction d’un risque de maladie affirment que la consommation d'une catégorie de denrées alimentaires, d'une denrée alimentaire ou de l'un de ses composants réduit sensiblement un facteur de risque de développement d'une maladie humaine (article 14)
  • les allégations de santé autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie, comme le rôle d'un nutriment ou d'une autre substance dans la croissance, une fonction physiologique (circulation, etc.) (article 13)

Le règlement « Allégations » permet donc la mise en avant de la réduction d’un risque de maladie via l’amélioration d’un facteur de risque. Il sera ainsi interdit de dire « le produit X permet de lutter contre les maladies cardiovasculaires », mais autorisé d’alléguer « le nutriment X réduit le cholestérol sanguin. Une cholestérolémie élevée constitue un facteur de risque de développement d’une maladie cardiaque coronarienne »

L’article 3 indique que les allégations ne doivent pas affirmer, suggérer ou impliquer qu'une alimentation équilibrée et variée ne peut pas fournir des nutriments en quantité appropriée.

L’article 6 de ce règlement indique que les allégations reposent sur des preuves scientifiques généralement admises et sont justifiées par de telles preuves.

L'exploitant du secteur alimentaire qui fait une allégation nutritionnelle ou de santé justifie l'emploi de cette allégation.

Enfin, les allégations figurent sur des listes positives, après validation préalable par l’agence européenne de la sécurité des aliments.

Sont également interdites les allégations donnant à penser que s'abstenir de consommer la denrée alimentaire pourrait être préjudiciable à la santé.

On est loin de la guérison et des miracles promis mais toujours dans une démarche de prévention primaire

La réglementation interdit d’alléguer qu’un aliment permet de guérir d’une maladie.

IV Des exemples

  1. Les compléments alimentaires

Le décret 2006/532 définit comme complément alimentaire une denrée alimentaire dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constitue une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés.

Ces produits complètent le régime alimentaire : ils ne viennent donc pas se substituer aux aliments courants.

Ces produits sont essentiellement constitués d’ingrédients ayant un effet nutritionnel ou physiologique (plantes, nutriments, autres substances…). A la différence des aliments classiques, les compléments alimentaires ne sont pas généralement constitués d’une matrice alimentaire c’est-à-dire d’une structure physique complexe associant notamment des macronutriments (glucides, lipides et protéines). Certaines formes de présentation (gélules, pastilles, comprimés, pilules etc.) rappellent par homologie la présentation d’un médicament. Afin de pouvoir commercialiser un complément alimentaire, le fabricant doit obligatoirement être déclaré à la DGCCRF. Le professionnel est responsable de la conformité des compléments alimentaires mis sur le marché avec les dispositions réglementaires en vigueur, tant en matière de sécurité que d’information du consommateur

Le même décret précise bien qu’on entend par substances à but nutritionnel ou physiologique : « les substances chimiquement définies possédant des propriétés nutritionnelles ou physiologiques, à l'exception des substances possédant des propriétés exclusivement pharmacologiques.

un complémentaire alimentaire n’est pas réglementairement un médicament

Le critère de l’effet physiologique n’est pas spécifique au médicament.

En effet, le terme « fonction physiologique » ressort aussi bien du côté des médicaments que des compléments alimentaires.

Qu’entend-t-on par physiologie ? L’encyclopédie médicale (vulgaris médical) nous indique que la physiologie humaine porte sur le fonctionnement des parties de notre corps autrement dit sur la façon dont celles-ci jouent leur rôle permettant ainsi le déroulement normal de la vie. Par conséquent, la nutrition s’inscrit dans cette définition.

Néanmoins, on distingue plusieurs types de physiologie dont la physiologie pathologique qui s'intéresse aux fonctionnements de l'organisme ou d'un de ces organes quand celui-ci présente un désordre. Autrement dit la physiopathologie permet de comprendre le mécanisme d'une maladie.

Donc on a d’un côté une physiologie dite « normale » et de l’autre côté une physiologie rencontrée dans un état pathologique.

On comprend ainsi l’idée du législateur dans le cas des compléments alimentaires en précisant que les substances ayant un effet physiologique n’incluent pas les substances possédant des propriétés exclusivement pharmacologiques. Dans un cas on s’alimente, dans l’autre on se soigne dans le sens de guérir d’une pathologie.

L’usage de compléments alimentaires prescrit par un professionnel de santé s’envisage généralement dans certaines situations physiologiques pour pallier l’insuffisance éventuelle des apports journaliers en certains nutriments lorsque leur nécessité est avérée. On est donc ici le plus souvent dans une approche de prévention et non curative.

Il est clair qu’une carence peut affaiblir l’organisme et faire le lit de la maladie mais attention aux raccourcis simplistes : les compléments alimentaires n’empêchent pas systématiquement la survenue d’une maladie. Ce n’est pas parce qu’on en prend régulièrement que la maladie n’aura pas de chance de survenir, l’organisme sera simplement plus fort pour lui faire face. Ni panacée, ni placebo, les compléments peuvent donc prévenir, voire soigner dans certains cas bien précis.

Il n’est pas rare que certains utilisateurs de ces produits soient « victimes » ensuite d’un déséquilibre alimentaire, pensant que compenser avec des compléments apportent les mêmes garantie qu’une alimentation équilibrée. Aucun complément alimentaire ne permet de compenser l’apport de tous les nutriments inclus dans les aliments.

Cette confusion des genres peut s’avérer dangereuse (risque de surdosage toxique, fausse protection pour le consommateur, etc.) Les français sont de plus en plus nombreux à les utiliser pour se soigner ou éviter de tomber malade. De manière générale, il est important de s’entourer des conseils d’un professionnel de santé lorsqu ‘on utilise ces produits et de respecter scrupuleusement les conditions d’emploi fixées par le fabricant, responsable de la sécurité des produits qu’il commercialise.

  1. Les « super aliments »

Un mot à la mode lorsque l’on parle d’alimentation ou de santé. Pourtant, il n’en existe aucune définition technique.

Les quelques études scientifiques de ces produits menées sur l’être humain pèchent par leurs biais méthodologiques : nombre très restreint de participants et ni groupe placébo, ni répartition aléatoire, ni prise en compte des cofacteurs. Si ces trop rares études affichent des résultats peu probants, les allégations marketing, elles, ne lésinent pas sur les prétendus effets miraculeux de leurs poudres magiques. Récemment d’ailleurs, des fabricants de jus de « super aliments » ont été condamnés aux États-Unis pour allégations mensongères.

Le problème, c’est que les super aliments n’en veulent pas qu’à notre portefeuille, mais ont des effets sur les pays producteurs. En 2009, le prix de certains produits avait augmenté de 60 fois en moins de dix ans. Autrefois aliment de base dans un pays, un produit peut devenir un luxe avec des risques de déséquilibres économiques et environnementaux entraînés par cette popularité et l’engouement soudain pour ces aliments du bout du monde.

Et c’est sans compter leur coût énergétique. Chaque année, près de 817 millions de tonnes d’aliments traversent les océans pour atterrir à notre table. Selon le Worldwatch Institute, le transport de nourriture est la source d’émissions de gaz à effet de serre qui connaît l’augmentation la plus rapide ces dernières années.

Certains produits présentent certes des propriétés antioxydantes exceptionnelles en laboratoire, mais est-ce le cas des produits commercialisés chez nous ? Leur transport et transformation peut leur fait perdre quantité de nutriments.

La réponse n’est pas à l’autre bout de la planète : elle est là, dans nos forêts, potagers et jardins. Elle est dans les anthocyanes de nos prunes, la quercétine de nos pommes et les isothiocyanates de nos choux. Et si l’on nous objecte que nos « superaliments » locaux sont moins concentrés en composés anti-cancer que les baies magiques de l’autre bout du monde, gageons qu’on avalera certainement davantage d’aubergines qu’une petite poudre à 250 euros le kilo…

Le directeur de l’Institut de Nutrition et de Technologie des Aliments de l’Université de Grenade avertit qu’il n’existe aucun aliment miraculeux, et rappelle que le seul secret pour jouir d’une bonne santé est « une diète adéquate, riche en fruits et en légumes, et la pratique habituelle d’exercice physique. » Pour assurer une consommation équilibrée de nutriments nécessaires à une bonne santé, il est plus efficace de diversifier les aliments de notre régime alimentaire que de nous concentrer sur quelques aliments dits « super ». Ce qui implique notamment la consommation d’une plus grande quantité et d’une plus grande variété de fruits et légumes.

.

3. Les alicaments, nutricaments, aliments fonctionnels

Yaourts enrichis au bifidus actif, jus de fruits multivitaminés, céréales aux fibres de betterave, oeufs aux acides gras Oméga 3, barres vitaminées, lait enrichi en fer et en calcium... Ces dernières années ont vu fleurir sur les linéaires de nos supermarchés une nouvelle sorte de denrées : les aliments fonctionnels ou alicaments.

Le Larousse indique qu’un alicament est un produit alimentaire dans lequel ont été introduits des éléments considérés comme particulièrement bénéfiques pour la santé.

Contraction des termes aliments et médicaments, ce terme est un néologisme de l’industrie agroalimentaire.

Certain sites parlent d’action positive sur la santé. Dans ce cas, je n’hésiterais pas à inclure également la raclette qui a peut être une action positive sur la santé morale après une journée passée à l’extérieur par de rudes conditions hivernales.

4. Aliments qui renforcent le système immunitaire

Des centaines de produits promettent de "renforcer vos défenses" ou de "booster votre système immunitaire". Gelée royale, etc, l’imagination ne manque pas.

Alors que le conseil de bon sens serait d'éviter les carences au travers d'une alimentation saine, certains marchands de pseudo-remèdes ont inventé un concept aussi mensonger qu'efficace.

Pour l'heure, aucune étude épidémiologique n'a encore prouvé qu'un régime riche en antioxydants réduirait significativement le taux d'infections à telle ou telle bactérie. Aucun travail corroboré par la communauté scientifique n'a, plus généralement, démontré que la consommation d'un produit donné, par des personnes saines et sans carence, diminuerait statistiquement le taux de maladies contractées.

Tout praticien ou commerçant qui prétendrait stimuler votre système immunitaire alors que vous êtes en bonne santé, qui affirmerait pouvoir renforcer votre bouclier (à grand renfort de métaphores "énergétiques"), cherche juste à vous faire abaisser votre garde pour puiser dans votre porte-monnaie. Il s'agit d'ailleurs d'une excellente méthode pour distinguer un médecin et un pharmacien honnêtes des charlatans. Ce sont généralement les mêmes qui, aux lendemains des fêtes, cherchent à vous convaincre de la nécessité d'une cure détox.

V De l’origine de cette confusion

1.Le mythe du naturel

La popularité actuelle de la médecine dite "alternative" (il faudrait d'abord pouvoir définir ce que cela signifie !) en général, et les remèdes à base de plantes en particulier, repose sur plusieurs mythes communément acceptés dont le principal, le chef de file, est l'idée selon laquelle tout ce qui est "naturel" est bon. Ces mythes, pourtant, ne tiennent pas face à un examen critique minutieux. Ils fleurissent parce qu'ils touchent à une corde sensible de la psychologie humaine.

Une autre revendication de la plupart des remèdes alternatifs est qu'ils reposent sur une connaissance voire une "sagesse" antique. La popularité de l'idée selon laquelle un âge d'or aurait eu une sagesse autrement plus importante qu'à notre époque, est révélateur d'un certain mécontentement et d'un ras le bol. Ceci est sans doute une autre manifestation du manque de foi dans les technologies modernes à résoudre les problèmes du monde. Il y a environ 100 ans de cela, la révolution industrielle promettait une nouvelle utopie moderne. L'optimisme cependant était prématuré, et aujourd'hui, nous avons une idée un peu plus réaliste de ce que la technologie peut ou ne peut pas faire et quel en est son coût.

Et de nos jours, les partisans de ces pratiques alternatives voudraient nous faire croire que ces "thérapies" ont survécu, et ont été utilisées depuis et pendant des milliers d'années, est une preuve de leur efficacité. Comment auraient-elles pu survivre, demandent-ils, si cela ne marchait pas ? Mais l'histoire nous montre que cette affirmation est totalement fausse. La théorie humorale de la maladie, par exemple, domina la médecine occidentale pendant 3000 ans jusqu'à l'avènement de la médecine scientifique. Les médecins occidentaux diagnostiquaient des déséquilibres dans les quatre humeurs : le sang, la morve, la bile verte et la bile noire. Ceux-ci traitaient ces déséquilibres avec des potions émétiques, des laxatifs ou la saignée. Les échecs répétés et fréquents de leurs traitements n'en réduisait pas leur foi en cette pratique.

2. La pensée magique par assimilation

Depuis des siècles, l’homme s’interroge sur les vertus des aliments et des boissons. Quatre cents ans avant Jésus-Christ, Hippocrate ne préconisait-il pas : « Que la nourriture soit la première médecine » ?

À force de vouloir être, l’homme entretient une relation pleine d’espoir avec l’aliment, qui va lui donner la force, l’allure, l’intelligence qu’il souhaite absorber. Puisque « l’on est ce que l’on mange », il suffit de le lui dire, et il le « croira ».

D’Hippocrate à François Rabelais, l’acte de manger et de boire a toujours été considéré comme chargé de nombreuses vertus, tant pour le corps que pour l’âme. Il y a donc toujours eu une alimentation liquide et solide, avec des rapports éternels entre magie et réalité.

Si ça ressemble, alors ça le devient. L’image devient l’égale de l’objet. Prenons l’exemple de la gelée royale. Produit de la ruche, la gelée royale est une substance blanchâtre et gélatineuse sécrétée par certaines glandes des jeunes abeilles nourricières. Elle est destinée à l’alimentation des larves au premier stade de leur développement et constitue le régime alimentaire exclusif des reines durant toute leur existence. La reine vit en moyenne 5 ou 6 ans, tandis que la vie active des ouvrières ne dépasse guère les 45 jours. Certains fabricants et distributeurs en profitent pour vanter les effets soi-disant miraculeux de leurs produits, une extrapolation douteuse. En effet, d’autres insectes croissent très rapidement sans gelée royale et la longévité des insectes ne relève pas des mêmes mécanismes que celle des humains. On est dans le domaine de la pensée magique par assimilation.

« Les choses qui se ressemblent sont en fait une seule et même chose », disait Frazer, anthropologue et spécialiste de la pensée magique. Sans aucun caractère raisonnable pour une telle hypothèse, si les choses sont ce qu’elles semblent être, voici le paradoxe d’une société qui, prisonnière du paraître et de la rapidité, se sert des représentations d’images et de mots comme seule vérité.

Selon certains chercheurs en sciences humaines, l’alimentation, par son processus d’incorporation de la nourriture, est une des activités humaines les plus propices à la pensée magique . Pour l’individu qui mange, l’aliment s’introduit alors à l’intérieur de l’organisme au sens matériel du terme, mais aussi au sens idéel. Le mangeur moderne serait alors aux prises de son imagination et d’une certaine pensée magique. Cette pensée proviendrait de représentations magiques plus personnelles, mais aussi de celles véhiculées par la publicité, relayées par les médias. Il est par exemple évident que certains publicitaires jouent sur le côté « potion magique » du produit. Dans la publicité qui passe à la télévision, une fois que la potion est avalée, la personne trouve immédiatement un autre éclat et un mieux-être (symbolisés par une image qui devient plus nette).

3. Défiance envers l’industrie pharmaceutique ; paradoxe de l’approche

Abstraction faite des adeptes de la théorie du complot à la Big Pharma, le dénigrement de la médecine conventionnelle ou des traitements proposés par une équipe médicale qualifiée, est un des éléments de discours véhiculés par des charlatans de la santé ou des pseudo-thérapeutes, issus de signalements parvenus à la Miviludes (Mission interministerielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

A ceci on peut rajouter :

  • une promesse de guérison miracle là où la médecine conventionnelle aurait échoué ; Hippocrate dans ce cas est très habilement utilisé pour donner néanmoins à la fois une légitimité médicale ainsi que l’illusion d’un savoir antique perdu
  • l’utilisation d’un langage pseudo-scientifique ou scientifique très complexe ou au contraire, prétendant avoir découvert un principe d’action extrêmement simple ; dans ce cas l’approche nutriment et médicale est très utile pour l’habillage scientifique

Conclusions et perspectives

« Que ton aliment soit ta seule médecine »

Je ne vous apprendrais pas que sur Internet on trouve à boire et à manger, des aliments qui guérissent toutes les maladies possibles ou imaginaires, sous forme solide, liquide, etc.

Alicaments, nutricaments, etc., ces produits, vendus nettement plus chers que des aliments de base, font le bonheur d’entreprises qui ont saisi ce filon particulièrement rentable. Les rayons des magasins regorgent d'alicaments alors qu’ il n'a jamais été prouvé que la santé des consommateurs était meilleure depuis qu'ils absorbaient ces produits, celle des entreprises qui les vendent, en revanche, ne fait aucun doute.

Les fabricants ne peuvent cependant alléguer mentionner n'importe quoi sur leur produit. Un aliment ne peut, selon la loi, revendiquer des fonctions thérapeutiques. Il peut contribuer à agir sur un symptôme mais ne peut prévenir une maladie. Pas question de trouver une boisson "prévenant contre le cancer" ou un aliment "agissant sur votre grippe" comme osent le prétendre certaines personnes ou sites Internet.

Soyez également vigilant quand vous voyez un site qui utilise des méthodes décrites par la MIVILUDES et encore plus critique quand ce site renvoie sur une boutique de compléments alimentaires ou autres produits. Si vous avez un soupçon, n’hésitez pas à signaler le site à votre Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) locale.

Globalement si on doit donner un conseil à un consommateur, c’est qu’il fasse appel à son bon sens. Quand un produit alimentaire prétend avoir une action sur votre organisme, pensez-vous, réellement, qu’un simple aliment puisse, au milieu d’une alimentation variée, avoir la capacité de faire ce qu’il promet ? Quand vous vous posez la question de cette façon, vous réalisez que certaines promesses ne sont pas crédibles. Il faut prendre un peu de recul par rapport à ces allégations.

L’alimentation joue évidemment un rôle dans la guérison en fournissant déjà au patient l’énergie pour guérir, donc en favorisant la mise en place d’un environnement favorable.

L’alimentation ne fait pas tout et une santé optimale ne peut se réaliser que dans un contexte global approprié.

Gérard Pascal, expert en nutrition humaine à l’INRA, nous dit qu’« on ne se nourrit pas pour se soigner ». Gérard Apfeldorfer, psychiatre et président du groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids, rajoute qu’ « un aliment n’est pas un conglomérat de nutriments » et que « ça n’existe pas une alimentation 100 % saine. Tout ce que nous nous mangeons est ambivalent (…) Il n’y a rien qui soit parfait » [2]

Garder ceci en tête est se rappeler qu’un aliment c’est aussi une histoire, un sens, des producteurs, des valeurs, un terroir, du plaisir, du partage, des valeurs sociétales qui rassemblent. Et tout ça, c’est aussi bon pour la santé.

Informations concernant ce document :

  • les informations contenues ici ne remplacent en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé ;
  • les références réglementaires sont en vigueur à la date du document ;

[1] CJCE, 15 novembre 2007, C319/05

[2] Emission France Inter du 02 décembre 2015

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :